Connaissez-vous le Tako-Tsubo ?

Non, non ce n’est pas une figure de judo mais un syndrome, celui du cœur brisé. Plus exactement et cliniquement: « c’est une réduction de l’afflux sanguin vers le cœur qui affaiblit le muscle cardiaque ; le cœur peine à pomper comme il faut, il est comme sidéré.»

Pour les cardiologues, il s’agit d’un « burn-out cardiaque ». Le coeur, ne supportant plus le stress, craque. Une sorte d’infarctus mais pas vraiment.

Ce syndrome identifié dans les années 90 est le résultat d’un déferlement considérable d’hormones de stress. Il est produit soit par des situations traumatiques – tel qu’un attentat, une catastrophe naturelle, un décès… mais aussi par des situations plus banales vécues de façon très intense : une défaite au foot, une dispute, une remarque au travail.

Le Tako-Tsubo, en japonais, est une sorte d’amphore servant de piège à poulpes. Et c’est ce qui se produit quand le cœur subissant ce violent stress prend la forme d’une petite amphore en se gonflant et se déformant sur sa partie gauche.

« Le cœur ne supporte pas le stress, il se cabre et se déforme contre le stress.»

Et c’est Danièle Laufer, journaliste, qui dans son ouvrage « Le Tako-Tsubo, un chagrin de travail » nous relate cet incroyable épisode de sa vie.

Elle raconte comment soudain des trous noirs apparaissent sur l’ouvrage qu’elle consulte et qu’elle lit sans comprendre, des troubles de la parole puis cette sensation de froid qui envahit tout son corps.

Terrorisée Danièle Laufer se retrouve aux urgences.

« J’étais au-delà de l’angoisse.»

AVC, crise cardiaque ? Non. C’est un Tako-Tsubo.

« J’avais l’impression d’être à moitié vivante, à moitié morte.»

48h plus tard, tout est rentré dans l’ordre… Avec tout de même quelques « cicatrices », nous dit-elle,  qui obligent désormais Danièle à écouter son cœur.

« Comme je pensais que le stress que j’avais subi venait du travail, j’ai fait une enquête : je suis allée voir des cardiologues d’un côté et j’ai cherché ce qui se passait dans le monde du travail, de l’autre. Je ne savais pas très bien comment appeler ça parce que Tako-Tsubo, ça fait plat japonais, resto japonais. Et puis j’ai découvert qu’autrefois on disait « aller au chagrin » pour « aller au travail » et j’ai trouvé que « chagrin de travail » me correspondait. Il y a un moment où le corps hurle. Un chagrin de travail c’est comme un chagrin d’amour.»

Voilà l’histoire d’un cœur qui a bien failli ne pas s’en sortir, un cœur qui subissait « les petites violences ordinaires de l’entreprise »…

Pour en savoir plus et écouter aussi l’histoire de José qui a vécu un burn-out, c’est ici : https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/le-syndrome-du-coeur-brise

Bonne écoute !

 

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