La semaine dernière, une des Invités des matins de Guillaume Erner était Catherine Millet pour la parution de son dernier ouvrage Aimer Lawrence – l’auteur du roman érotique L’amant de Lady Chatterley. Catherine Millet se penche sur l’univers d’un écrivain hors norme, qui s’est intéressé notamment à la sexualité des femmes : à leurs vies sexuelles, leur plaisir, leurs orgasmes.

Fils de mineur né à la fin du XIXème siècle au Royaume-Uni, D.H. Lawrence a publié, très jeune, des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre et de la poésie- une littérature dite « à scandale ». Il est devenu célèbre dès son deuxième roman et marque son temps avec surtout et particulièrement « L’amant de Lady Chatterley ». Cet ouvrage fut interdit de nombreuses années. Ce n’est qu’en 1932 qu’une version a pu être lue en France puis en Angleterre en 1960. Grand voyageur (l’Australie, le sud de l’Europe, Ceylan, Les Etats-Unis, le Mexique…) il est un observateur accompli de ses contemporains et contemporaines. Catherine Millet nous en donne un exemple :

« Lawrence a cuisiné toutes les femmes autour de lui […] il aimait les femmes libres. Une de ses premières aventures amoureuses, était une suffragette ; la femme qu’il a épousée est une femme sexuellement très libre qui n’a pas arrêté de le tromper d’ailleurs tout au long de sa vie ; et les autres femmes étaient des intellectuelles comme Katherine Mansfield. Donc c’était des femmes qui s’assumaient, qui travaillaient qui choisissaient leurs amants. Il s’est donc beaucoup intéressé à toutes ces femmes et je pense qu’il a eu avec elles des conversations très intimes ».

Un parallèle évident est évoqué par le journaliste Guillaume Erner, celui d’une rencontre entre deux auteurs de l’érotisme, d’une écriture crue, d’un plaidoyer pour le désir et la quête d’une liberté sexuelle.

Et les femmes, aujourd’hui ?

« Les femmes se sont libérées et sont prêtes a beaucoup plus d’audaces que bien des hommes […] Pour en revenir à Lawrence, les femmes dès son époque sont allées chercher des amants dans des classes sociales qui étaient considérées comme inférieures à celles dans lesquelles elles étaient nées. […]

Lawrence attire Catherine Millet tant par son observation de la sexualité féminine, que par son évaluation des moeurs. C’est aussi en tant qu’auteure, directrice, fondatrice et chef d’entreprise de la revue Art Press et femme, que Catherine Millet a son opinion sur l’évolution de notre société, la place des femmes, leurs revendications et intentions.

Plus loin, dans l’interview, elle ajoute :

« On a envie d’être chef pour pouvoir aussi attirer l’attention vers soi, sur soi et aussi séduire plus. On veut être le chef pour baiser plus, pour avoir plus de liberté, pour baiser plus. Moi je pense ça. »

 

Alors, je vais de ce pas m’offrir le dernier Millet, ressortir de ma bibliothèque « L’amant de Lady Chatterlay »… et revoir aussi le merveilleux film de Pascale Ferran.

 

 

2 réflexions sur « « On veut être chef pour baiser plus »… »

  1. Je pense aussi. Baiser plus et mieux. La tête libre et l’estime de soi retrouvée car débarrassée des humiliations et des attentes sadiques de l’autre. Les start-up sont le fantasme nouveau d’une génération qui veut baiser plus et vivre la vie comme une aventure immédiate permanente dont on mène le scénario. Ca va ensemble.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *